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A la une Bienvenue
Bonjour et bienvenue sur mon blog Allociné.
Ici je vous fais part de mes commentaires et critiques sur les films que je peux voir, sur grand ou petit écran, en version ciné, longue ou director's cut, mais aussi des makings of, quelques séries, des personnalités, des jeux vidéos, des livres et quelques réflexions personnelles complétées par mes études ciné. Le blog évoluera par la suite.

En vous souhaitant bon surf...
Nico_SK


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(mise à jour 23/08/2009)
Les sommaires sont de nouveaux disponibles.

 
Kickboxer, la vengeance est une bonne motivation...

Kickboxer

Mark DiSalle & David Worth
(1989)

Quand j'avais une dizaine d'années, c'était un film que j'adorais regarder. Ce genre de baston où le héros fini toujours par l'emporter, voilà ce que j'aimais. Et puis Vandamme à cette époque avait encore une image un peu sérieuse, et très années 90. Aujourd'hui en revanche, ça n'a plus le même goût.

Après que son frère, champion de kickboxing, soit devenu paraplégique suite à un combat virulent contre le dénommé Tong Po, Kurt va décider d'apprendre le muay thaï afin de le venger. Mais alors que les écoles rient de sa motivation, Kurt va demander l'aide d'un grand mâitre d'arts martiaux, Xian Chow, qui va lui faire subir un entraînement hors du commun. Mais le jour du combat, Eric, le frère de Kurt, est kidnappé et Kurt doit se plier aux volontés des organisateurs s'il veut le revoir vivant.

Que dire de ce film? Tout d'abord, le scénario est très classique : un homme cherche à venger la défaite de son frère face à un homme extrêmement fort et sans pitié. Mais pour cela, il doit apprendre à se battre. Aussi le film va-t-il suivre tout son entraînement, un peu original, jusqu'à le mener à la victoire, oui car il ne faut pas s'attendre à autre chose malgré les nombreux obstacles. J'adore les séquences d'entraînement, alliant avec beaucoup d'humour des exercices assez loufoques comme courrir avec un chien à ses trousses, taper dans un palmier ou encore recevoir des noix de coco dans l'estomac. Le tout entrecoupé d'exercices de respiration et de coups.

Mais on est bien loin quand même du sérieux d'un Karaté Kid (John G. Avildsen, 1984)  ou d'un Rocky (John G. Avildsen, 1976) et de la zen attitude d'un Pat Morita, même si Dennis Chan a une certaine dureté face à Van Damme. Van Damme qui lui est parfaitement dans son élément de playboy des années 90, nous faisant croire à un entraînement difficile à coup de danse et de grand écart forcé. Toutefois, on se prête au jeu, même si avec les années, on finit par se demander comment il peut arriver à un tel niveau en si peu de temps et d'exercices.

Mais même si l'on apprécie les combats, aussi vite terminés qu'ils ont commencé, on apprécie en revanche beaucoup moins l'artificialité des émotions des personnages. Tong Po est son regard dur est un cliché du monstre asiatique qui chercherait à faire plus peur que Godzilla, une jeune fille qui n'a pas grand chose d'attirante, un ex-militaire qui joue les cow-boys et un frangin prétentieux et sans réel charisme. A côté de ça, Van Damme en fait trop comme d'habitude avec son sourire de sex symbol et ses grimaces durant les combats.

Grimaces immortalisant la force et la rage de son personnage. Mais le combat final reste quand même une séquence très culottée. Alors que l'ordre lui est donné de se laissé défoncer, ce qu'il fait à merveille durant les premiers rounds, face à un adversaire qui a vraiment le dessus sur lui, tout change subitement, comme un coup de baguette magique, Kurt devient un monstre de puissance, capable non seulement de ne plus ressentir la douleur, mais en plus de défoncer à son tour Tong Po, qu'il n'était pas encore arrivé à toucher. Et là, heureusement qu'on a pas payé les billets parce que ce serait vraiment du vol.

Au final, Kickboxing, même s'il reste incontournable dans la filmographie de JCVD, représente un genre propre de la fin des années 80 et début des années 90 sans réel crédibilité, mais qu'on cherche à apprécier tout de même.
 
Kickboxer - ma note pour ce film :
Réalisé par Mark DiSalle, David Worth
Avec Jean-Claude Van Damme, Dennis Alexio, Dennis Chan, ...
Année de production : 1989
Minority Report et autres récits, Ah, être un Gélate...

Minority Report et autres récits

Philip K. Dick
(2002)

Aaah s'il n'y avait pas eu Jérémy et la passion qu'il voue à l'univers de cet auteur, je crois que je ne me serais jamais lancé dans son oeuvre. Il lui aura fallu faire un mémoire de plus de 200 pages pour parvenir à me faire plonger dans les histoires écrites dont sont adaptés de plus en plus de films des grands maîtres du cinéma de science-fiction. Donc je commence par remercier Jérémy pour cette découverte surprenante d'un auteur particulier, peu sensible aux joies du monde, mais extrêmement visionnaire en son temps.

Minority Report, arborant une couverture désormais bien reconnaissable des fans de science-fiction et de cinéma avec l'affiche du film de Steven Spielberg (2002), est en fait un recueil qui regroupe une dizaine de nouvelles de l'auteur. Cette édition Folio SF a sélectionné ces nouvelles en fonction de leur rapport avec le cinéma. En effet, pour la plupart, elles ont toutes été adaptées au cinéma. Je vous propose de découvrir chaque nouvelle.

Ah, être un Gélate
(1964)

Dick est surprenant parfois. Après une nouvelle basée sur un concept temporel, une autre sur un concept militaire, une troisième autour de la divinité et de la mort, voilà qu'il se laisse aller à une idée tout à fait nouvelle, celle de la relation entre 2 créatures mi-homme, mi-extraterrestre. Même si l'idée fait sourire à la découverte de l'histoire de ce couple, on y trouve une réflexion très intéressante à faire autour de la question de l'origine. Voilà certainement une nouvelle qu'il faudrait davantage faire découvrir à des jeunes en difficulté sur cette question, car elle donne un point de vue tout à fait intéressant.

George Munster est un homme malheureux. Ancien soldat durant la guerre opposant les Terriens aux Gélates, il avait accepté à cette époque de jouer les espions en infiltrant la planète ennemi après avoir pris forme Gélate, c'est-à-dire une sorte de flaque visqueuse et modulable. Mais voilà, la guerre finie, George n'a jamais pu retrouver totalement sa forme humaine, et il est condamné à reprendre sa forme Gélate durant la nuit, ou à se transformer lorsque ses émotions sont trop fortes.

Le docteur Jones, un psychologue de renom, a décidé de combler sa solitude en le présentant à une femme Gélate, ayant elle aussi servie d'espion durant la guerre, et n'ayant jamais totalement retrouvé sa forme. Heureux, les jeunes gens décident de se marier et vivent ensembles durant de longues années, étant les parents de trois enfants, la première étant totalement Gélate, les deux autres étant hybrides tout comme leur parent, tandis qu'un quatrième enfant est en route, et devrait être totalement humain.

Mais voilà, la vie des Munster a tourné au drame après la naissance de leur premier enfant Gélate, et Gorge ne supportait plus de se sentir inférieur à sa femme. Il a alors monté une société de ceinture amaigrissante, sur une idée de sa femme, et qui a fait de lui un grand patron d'enteprise. Alors que le divorce est sur le point d'être prononcé, les gouvernements terriens et gélates se disputent l'origine des enfants.

Mais au final, les Munster prennent une décision chacun de leur côté qui changera complètement le cours des événements. Ils ont fini par accepter l'un et l'autre leur famille d'accueil et sont parvenus  se faire stabiliser pour ce qu'ils avaient de plus chers : George et sa famille pour Vivianne, une opportunité commerciale pour George, l'un et l'autre ayant accepté de rester définitivement sous la forme qu'il a tant répugné durant de nombreuses années.

Je trouve cette histoire assez belle, même si les enjeux de chacun des personnages n'est pas toujours très acceptable. Mais il faut aussi y voir un message, celui de vivre avec ses ambitions et de tout mettre en oeuvre pour qu'elles réussissent. Les Munster, en étant différents à la fois des terriens et des gélates, sont considérés comme des émigrés rejetés par les deux patries dont ils sont issus. Quelles sont les origines de chacun? Vaut-il mieux qu'ils se créent une autre société rien qu'à eux? La question du racisme est mise en avant dans cette nouvelle "nous ne voulons pas que vos enfants jouent avec les autres", phrase assez hallucinante mais toujours très d'actualité malheureusement. Et pourtant, chacun fait son choix d'appartenir définitivement à la patrie qu'il a rejeté toute sa vie, car son ambition en dépendait, que ce soit par amour ou par désir de richesse.

Au final, cette histoire aux allures de La Métamorphose de Kafka (1912) est très simple, amusante et touchante de par sa réalité encore très réel de nos jours. La science-fiction du passé, empreint des moeurs de son temps, est ici très présent.
 
Minority Report et autres récits, ce que disent les morts...

Minority Report et autres récits

Philip K. Dick
(2002)

Aaah s'il n'y avait pas eu Jérémy et la passion qu'il voue à l'univers de cet auteur, je crois que je ne me serais jamais lancé dans son oeuvre. Il lui aura fallu faire un mémoire de plus de 200 pages pour parvenir à me faire plonger dans les histoires écrites dont sont adaptés de plus en plus de films des grands maîtres du cinéma de science-fiction. Donc je commence par remercier Jérémy pour cette découverte surprenante d'un auteur particulier, peu sensible aux joies du monde, mais extrêmement visionnaire en son temps.

Minority Report, arborant une couverture désormais bien reconnaissable des fans de science-fiction et de cinéma avec l'affiche du film de Steven Spielberg (2002), est en fait un recueil qui regroupe une dizaine de nouvelles de l'auteur. Cette édition Folio SF a sélectionné ces nouvelles en fonction de leur rapport avec le cinéma. En effet, pour la plupart, elles ont toutes été adaptées au cinéma. Je vous propose de découvrir chaque nouvelle.

Ce que disent les morts
(1964)

Certainement pas la meilleure nouvelle de Dick, et ce pour plusieurs raisons. L'histoire est très difficile à comprendre et les retournements de situation sont trop rapidement mise en place si bien que l'on ne comprend pas toujours tout. Mais c'est là l'un des caractères des oeuvres de Dick, perdre son lecteur par une écriture peu visuelle, car souvent interne à un personnage, et peu encline aux explications.

L'histoire commence lors de l'enterrement d'un des plus grands magnats de la finance, Louis Sarapis, le genre Balthazar Picsou, ayant oeuvré dans différentes entreprises, embauchant des employés sans expérience pour pouvoir mieux les exploiter. Mais la mort n'est pas vraiment une mort à cette époque, l'esprit continue de vivre autour du corps. Cet esprit peut être capté et les proches peuvent entrer en relation avec cet esprit comme s'il était encore vivant pour un temps donné.

Johnny Barefoot était un assistant de ce Louis Sarapis, et il a été chargé de le ramener à la vie après la veillée funéraire. Mais alors que les employés du funérarium se démènent pour capter les ondes de son esprit, Louis Sarapis ne revient pas à la vie. En revanche, une voix s'exprime du fin fond de l'univers et évoque certaines trahisons et certains souhaits.

Très vite, cette voix, identifiée comme étant divine, prend le dessus sur toute forme de communication. Brouillant les téléphones, la radio, la télévision, les journaux, etc... Mais seuls ses proches savent qu'il s'agit de l'esprit de Louis Sarapis qui a trouvé un moyen de revenir sous une forme beaucoup plus imposante. Et à quelques jours de l'investiture du candidat à la présidence, cette voix a déjà fait son choix pour un candidat qui n'a pas les compétences à ce poste.

Johnny Barefoot va alors se charger de la suite des événements de l'entreprise confiée à la nièce de Sarapis, une jeune toxicomane usant de mysticisme. Mais face à son entêtement pour un rôle qu'elle n'a pas la force d'assumer, il préférera se lancer dans la communication du candidat à l'investiture. De leur côté, Saint Cyr et Harvey, gérant une entreprise concurrente, tente de mettre fin aux actes post-mortem de Sarapis. La vérité est pourtant loin d'être mystique.

Vous n'avez rien compris? Ca tombe bien moi non plus. Je n'ai jamais lu une nouvelle aussi compliquée tellement il y a d'intrigues dont la plupart n'aboutissent pas. En effet, je ne vous ai résumé qu'une infime partie de la nouvelle, assez longue, puisque chaque personnage ayant des intérêts personnels en jeu, comme Saint Cyr qui veut en réalité tromper son propre patron pour permettre à l'ex-femme de celui-ci, avec laquelle il a une liaison, de récupérer le monopole des voyages interplanétaires pour sa propre société. Intrigue dont on ne saura jamais l'issue finale, d'autant que la nouvelle s'achève comme un cheveux sur la soupe, en ouvrant sur un face à face contraignant entre deux des personnages principaux.

Autre difficulté de cette nouvelle, c'est qu'elle n'explique pas réellement ce qu'est le retour à la vie. Et je suis bien content d'avoir lu le roman Ubik, toutjours de Philip K. Dick, mais qui est de 1969, comme s'il avait voulu revenir sur cette conception de cette idée de semi-vie dans laquelle on passe une fois mort. Il y a donc tout un rapport au pouvoir de la mort, de la réincarnation et de la puissance divine qui est abordé dans cette nouvelle mais sans jamais être mise en avant. C'est là son concept, qu'il conviendra ou non, de développer dans un film : la semi-vie conduit-elle à la force divine ou tout n'est-il que subterfuge?

Au final, on progresse tant bien que mal avec une rapidité déconcertante dans un univers absent qu'il faut se reconstruire. Il faudrait sans doute remettre la nouvelle dans son contexte historique, pour lui trouver un intérêt plus fort.
 
Minority Report et autres récits, Un jeu guerrier...

Minority Report et autres récits

Philip K. Dick
(2002)

Aaah s'il n'y avait pas eu Jérémy et la passion qu'il voue à l'univers de cet auteur, je crois que je ne me serais jamais lancé dans son oeuvre. Il lui aura fallu faire un mémoire de plus de 200 pages pour parvenir à me faire plonger dans les histoires écrites dont sont adaptés de plus en plus de films des grands maîtres du cinéma de science-fiction. Donc je commence par remercier Jérémy pour cette découverte surprenante d'un auteur particulier, peu sensible aux joies du monde, mais extrêmement visionnaire en son temps.

Minority Report, arborant une couverture désormais bien reconnaissable des fans de science-fiction et de cinéma avec l'affiche du film de Steven Spielberg (2002), est en fait un recueil qui regroupe une dizaine de nouvelles de l'auteur. Cette édition Folio SF a sélectionné ces nouvelles en fonction de leur rapport avec le cinéma. En effet, pour la plupart, elles ont toutes été adaptées au cinéma. Je vous propose de découvrir chaque nouvelle.

Un Jeu Guerrier
(1959)

Philip K. Dick aimait manipuler son lecteur en le lançant sur de fausses pistes, au même titre que ses personnages. Bloqué sur une intrigue pour en faire passer une autre, avec un danger qui, au final est beaucoup subtil que celui face auquel nous avons oeuvré à comprendre la manière. Un Jeu Guerrier est une de ces nouvelles qui vraiment nous plonge dans un aveuglement permanent et naturel, avant de se révéler machiavélique en seulement quelques lignes.

Dans un futur qui semble quand même assez lointain, vu qu'aucune date ne nous est donné, la Terre travaille avec d'autres civilisations sur d'autres planètes. Mais cet expansionnisme commerciale, consistant à importer sur les planètes "humaines" des objets de toute sorte donte des jouets pour enfants ultra-sophistiqués, semble attirer la convoitise et il est plus que prudent de vérifier la dangerosité de ces produits. Une de ces planètes, Ganymède, propose des jouets qu'il convient de prendre avec prudence et de tester avant de mettre sur le marché terrien. C'est le travail de Wiseman qui posera, ou non, la validité des produits, d'autant que plusieurs jouets, commandés en grosses quantités, s'annoncent phare pour le prochain Noël, mais il faut d'abord finir les tests.

Et ce jeu phare s'annonce militaire. Il s'agit d'une citadelle que doivent prendre un bataillon d'une douzaine de soldats. Chez Dick, tout est animé d'une âme personnelle, même les objets les plus primaires ont cette étonnante faculté de se mouvoir sans action humaine d'aucune sorte. Il est d'ailleurs difficile de cerner la complexité de ce jeu et de ses capacités. En effet, la citadelle se défend elle-même et les soldats sont capables de se mouvoir en fonction des ordres qu'on peut leur donner. Il existe des millions de possibilités pour ces petits bonhommes et il convient de toutes les essayer pour voir si la forteresse ne cache pas une bombe ou tout autre produit dangereux.

Et c'est ce à quoi s'attend la société de validation. Il semblerait que les soldats ne puissent pas capturer la forteresse, jusqu'à ce qu'un événement inquiétant prouve le contraire. En effet, un matin, l'un de ses soldats n'est plus présent à l'appel. Revoyant les vidéos, l'équipe découvre qu'il ne s'est caché nulle part mais a été englouti par la forteresse après y être arrivé. Le soldat s'est alors démonté lui-même en plusieurs éléments pour s'intégrer à l'intérieur du bâtiment. Dès lors c'est une sorte d'escalade qui s'ensuit, les soldats parvenant les uns après les autres à la forteresse pour se faire engloutir. Dès lors la paranoïa s'installe et, Dick laisse le lecteur se faire sa propre opinion sur le jeu, sans le citer comme tel, tout porte à croire qu'il s'agit d'un compte à rebours, lorsque le dernier soldat s'intègre à la forteresse, alors celle-ci délivrera son message, son gaz toxique ou sa bombe.

Concentré sur cet élément, au même titre que les personnages de l'histoire, nous ne prenons pas plus d'attention à l'un des jeux de société qu'ils essaient, ressemblant au Monopoly mais plus actuel, avec des éléments interstellaires. Les trois hommes s'installent pour une longue partie et décident finalement d'apposer leur autorisation pour la vente de ce jeu inoffensif. Mais lorsqu'ils reviennent sur la forteresse, ils découvrent qu'il ne reste plus qu'un seul soldat et que le risque de laisser le jeu se poursuivre jusqu'à la fin est trop dangereux, mais il faut voir les conséquences. Branle-bas de combat, et la venue d'un démineur n'y suffira pas pour couper l'engin qui finalement n'annonce que la fin du jeu, la réussite de l'enfant à avoir recommencer et ne pas avoir abandonné si tôt.

Finalement le jeu n'est pas mis en vente, mais Dick nous aura doublement eu, car il faut se méfier des apparences, et surtout bien lire les notices de jeux. En effet, le jeu de société, Syndrome, celui ressemblant au Monopoly, n'est pas une version identique du jeu bien connu depuis des générations. Tandis que celui-là nous enseignait l'art de faire de l'argent, Syndrome propre en réalité l'effet inverse : obtenir tous les gains du jeu conduit à la perte du joueur, et les enfants de signaler à leur père qu'il s'agit de se débarrasser de tout ce qui a été acquis le plus rapidement possible.

Dick est d'autant plus subtile qu'à ce moment-là de son histoire, il l'arrête purement et simplement, laissant le loisir au lecteur découvrir les enjeux futurs pour ces prochaines générations, en fonction bien sûr du rappel des enjeux du Monopoly, cité plus tôt. L'efet produit sera inverse et les conséquences seront catastrophiques...

L'écriture de Dick n'est pas non plus des plus aisée. En effet, le début de la nouvelle nous perd, comme c'est souvent le cas chez cet auteur. Nous sommes face à un personnage que nous ne connaissons pas et que nous connaîtrons peu. Comme la plupart de ses nouvelles, tout l'intérêt est porté sur le concept et non sur les personnages. Aussi il faut s'accrocher un certain nombre de pages avant de se sentir pris par l'intrigue. Et puis son imaginaire visionnaire est tellement difficile à concevoir que mettre en image les différents jouets proposés n'est pas toujours évident, car Dick traite d'une réalité où virtuel et concret sont liés dans un enchevêtrement difficile à séparer.

Au final, Un Jeu Guerrier est une somptueuse nouvelle qui nous plonge complètement dans une mauvaise direction pour mieux nous avoir tout en nous rendant actif dans la suite des événements. Admirable !
 
Minority Report et autres récits, Hollywood et Dick...

Minority Report et autres récits

Philip K. Dick
(2002)

Aaah s'il n'y avait pas eu Jérémy et la passion qu'il voue à l'univers de cet auteur, je crois que je ne me serais jamais lancé dans son oeuvre. Il lui aura fallu faire un mémoire de plus de 200 pages pour parvenir à me faire plonger dans les histoires écrites dont sont adaptés de plus en plus de films des grands maîtres du cinéma de science-fiction. Donc je commence par remercier Jérémy pour cette découverte surprenante d'un auteur particulier, peu sensible aux joies du monde, mais extrêmement visionnaire en son temps.

Minority Report, arborant une couverture désormais bien reconnaissable des fans de science-fiction et de cinéma avec l'affiche du film de Steven Spielberg (2002), est en fait un recueil qui regroupe une dizaine de nouvelles de l'auteur. Cette édition Folio SF a sélectionné ces nouvelles en fonction de leur rapport avec le cinéma. En effet, pour la plupart, elles ont toutes été adaptées au cinéma. Je vous propose de découvrir chaque nouvelle.

Rapport Minoritaire
(1956)

Connaissant bien le film de Spielberg que je trouvais très kubrickien dans son style, le réalisateur étant sans doute encore sous l'influence de A.I. Intelligence Artificielle (2001), je m'attendais à découvrir une histoire plus ou moins identique dans un univers très similaire, avec ses scanners à rétines et ses panneaux publicitaires personnalisés, ses voitures électriques sur routes verticales, et surtout ses précogs et leur vision de meutres avant qu'ils ne se produisent.

Mais ce qui avait éveillé ma curiosité dans l'ouvrage Survivances de Philip K. dick - le cinéma d'un imaginaire baroque, c'est l'analyse qu'en a fait son auteur : alors que les romans de Dick développe des intrigue autour d'un personnage dans le but de le faire évoluer dans son univers, les nouvelles quand à elles s'occupent à développer l'univers et un élément précis.

Rapport Minoritaire s'attache donc à développer la machine Précrime et son fonctionnement avec les liens de ses trois précogs, leur capacité à prédire l'avenir et donc l'interrogation de la bonne gestion de tout cela. Comme dans le film, Anderton, qui est ici le responsable de Précrime, et qui ne ressemble absolument pas à l'image du héros spielbergien joué par Tom Cruise, se fait piéger par une prédiction qui le concerne. Il doit tuer un homme, Kaplan, qu'il ne connaît absolument pas, tandis que Witwer arpent déjà son bureau comme si c'était le sien. Anderton va alors crier au complot et tenter de s'enfuir, mais il sera embarqué pour se retrouver face à sa future victime, qui, ne sachant pas les motivations de ce dernier, fera en sorte de le livrer à la police.

Mais lors de cette livraison, un accident permet à Anderton de s'enfuir, et obtient la certitude qu'il s'agit d'un complot. Il décide alors d'infiltrer les locaux de Précrime pour mettre la main sur son rapport minoritaire, celui du 2e précog. Ce faisant, il va découvrir que son futur ne fait pas de lui un assassin. Mais lors de sa fuite, il va découvrir qu'il a une fois de plus été manipulé par sa propre victime, Kaplan, un ancien militaire qui cherche à reprendre le pouvoir en provoquant la chute de Précrime. Anderton doit alors prendre une décision entre laisser vivre Kaplan et prouver que Précrime contient des failles, ou accomplir son destin en le tuant et prouver que la machine fonctionne.

Ce qui est intéressant c'est de voir que le film propose un rapport minoritaire pour deux rapports majoritaires identiques, alors que la nouvelle est bien différente, et beaucoup plus subtile, de ce côté-là. En effet, sur les trois précogs, aucun rapport n'est minoritaire ou majoritaire, et surtout, les trois sont totalement différents les uns des autres. Le premier montrant le meurtre de Kaplan, le second révélant qu'Anderton ne le tuerait pas, tandis que le troisième mettant en avant qu'Anderton trouvait les deux autres rapports et prenait sa décision de finalement se débarrasser de Kaplan. Ainsi, ce n'est que l'idée générale et finale qui compte pour que les précogs annoncent le meurtre.

Autres grandes différences, certains personnages du film ont été rajoutés. En effet, pas de Lamar, pas de Docteur ophtalmologue, et encore moins de Agatha. D'ailleurs, les précogs du livre et leur "temple" est beaucoup moins apaisante que la version de Spielberg, ici elle est purement SF, avec des cables dans tous les sens, les précogs ne ressemblant plus guère à des êtres humains. Et tout cet univers développé dans le film, ces panneaux lumineux qui interpellent, ces usines qui fabriquent toutes seules des voitures n'est plus. Anderton vit avec sa femme et il n'est pas question de disparition d'enfant.

Il est donc fort intéressant de se poser la question de l'adaptation et des idées que Spielberg a voulu donner quand on connaît le film sans connaître la nouvelle. (L'inverse étant aussi possible). Ce qu'il faut retenir, c'est que le rapport aux précogs est bien différent de la nouvelle au film. Dans le premier, les précogs n'ont rien d'humain et Anderton doit tuer pour prouver que Précrime fonctionne, dans le deuxième, les précogs sont des victimes et Anderton refuse de tuer, au même titre que Lamar, qui préfère se suicider, l'un comme l'autre amenant la chute de Précrime.

Au final, cette nouvelle, difficile à lire car très rapide et d'une construction peu évidente dans ses ellipses et autres sentiments du temps qui passe, nous offre une vision d'un concept, celui de Précrime. On est bien loin du film, mais on se régale quand même de ses origines.
 
Techniques du Scénario, analyse des grands...

Techniques du Scénario

Pierre Jenn
(1991)

Longtemps il aura trôné sur mes étagères en attendant de trouver le moment favorable à une bonne lecture, pourtant débuté à plusieurs reprises mais sans vraiment m'y intéresser, ce n'est qu'une fois les études, déjà un peu loin, que j'ai décidé de m'offrir le temps nécessaire pour cette découverte intéressante et aussi amusante.

Comment écrire un scénario ? Ce n'est pas tellement la question qui est posée, mais plutôt une présentation de scénario types, d'histoires issues aussi bien du cinéma que du théâtre, pour lesquels Pierre Jenn nous décortique les intrigues en jeu, afin que nous puissions mieux voir comment elles sont construites. Un panorama de quelques oeuvres vu d'un regard différent.

Techniques du Scénario n'apprend absolument pas à concevoir un scénario mais plutôt donne des exemples de scénarios connus, pour permettre au lecteur d'oublier complètement l'image pour mieux se concentrer sur l'histoire. L'auteur y analyse ainsi quelques grands titres du cinéma tel que Boulevard du Crépuscule, qui est certainement celui sur lequel il revient le plus souvent, Certains l'aiment chaud, Le Magicien d'Oz ou encore La Mort aux Trousses, autant de films mondialement connus déjà pour leurs intrigues millimétrées et leur réalisation impeccable.

A côté de cela, il n'hésite pas à comparer ces auteurs de scénario aux auteurs de théâtre, qui conçoivent des histoires de la même façon. Ainsi Aristote, Shalespeare ou bien Molière sont tout autant cités pour là aussi décrypter les moyens mis en oeuvre pour permettre au récit d'évoluer vers une forme juste.

Jenn insiste sur quelques points et conseils concernant le but du scénario, loin de nous donner une méthodologie qu'il faut appliquer à la lettre, il porte notre attention sur les objectifs essentiels du scénario, les séquences charnières qu'il faut inclure aus bons moments, ainsi que quelques moyens de provoquer déjà un sentiment chez le spectateur. Au fond, le scénario est déjà une mise en oeuvre de la réalisation prochaine qu'il inspirera. Le scénario doit permettre à son lecteur d'être happé par l'histoire, de ressentir le suspense ou la surprise, d'attirer l'attention sur quelques détails importants qui nécessiteront tout naturellement un gros plan lors dans le film par exemple.

De même que le dialogue : que doit-il apporter de plus dans l'histoire? Doit-il être essentiel ou bien est-il superflu? Bien sûr, Jenn ne va pas jusqu'à comparer une oeuvre de Godard à une oeuvre de Tarantino ou Allen, ces deux derniers abusants royalement des dialogues pour glisser des éléments inutiles et parfois inintéressants, mais rendant compte d'un univers de pensées personnelles. Et c'est toujours par un extrait de Boulevard du Crépuscule que Jenn complète son analyse, montrant ainsi comment le scénariste en est venu à supprimer des pans de séquence inutiles à la bonne compréhension des enjeux entre les personnages.

Et pour finir, Jenn nous offre en annexe un petit cadeau, une analyse de 3 scénarios du premier Star Wars et des idées mises en avant par Georges Lucas pour parvenir au résultat que nous connaissons. D'un premier jet, il faut le reconnaître, totalement minable, à un final magnifique en passant par une version intermédiaire qui montre bien la maturité du scénariste, ses idées les plus essentielles, qui se retrouveront d'ailleurs, non pas dans le premier, mais dans les épisodes suivants.

Au final, Techniques du Scénario est un livre intéressant qui mérite bien sa place aux Editions de La fémis, mais qui nécessite de connaître les oeuvres dont il est question.
 
Le président et Miss Wade, quand l'amour vogue à la Maison Blanche...

Le Président et Miss Wade

Rob Reiner
(1995)

Ce film a mis longtemps avant de m'intéresser. Plus jeune, je me disais que ce devait être un film ennuyeux fait d'élucubrations autour d'une pseudo passion entre un homme d'état et une femme, fait de longues promenades dans les jardins, avec un président cherchant par tous les moyens à montrer son attachement à un pays et à son peuple. Le tout avec plus une visée documentaire que fictive. J'étais bien, mais alors vraiment bien loin du compte...

Andrew Sherped, président des Etats-Unis, est en pleine campagne électorale. Il fait alors la rencontre Sidney Ellen Wade, une militante écologique qui cherche à obtenir des voix pour faire passer un projet de loi sur l'environnement. Andrew, veuf et élevant seul sa fille, tombe subitement amoureux de la jeune Sidney qui a bien du mal à concevoir en lui un homme autre que le président. Mais celui-ci ne va pas se laisser décourager et tentera de concilier tant bien que mal sa prochaine élection et sa vie sentimentale.

Qui aurait pu se douter qu'un film mettant en scène les aventures amoureuses du président des Etats-Unis devienne quelques années plus tard un semblant de réalité ? En effet, ce film a été tourné 3 ans avant l'affaire Lewinksy, laquelle fut bien plus grave dans le sens où il ne s'agissait pas d'un veuf solitaire. Pourtant, cette affaire a montré à quel point le peuple américain se sentait davantage concerné par la vie privée de leur président, donnant ainsi une plus grande crédibilité à ce film. Film que l'on pourrait dès lors comparer avec les événements de 2007 autour du président français et de sa relation avec une nouvelle femme peu de temps après son divorce. Mais au fond, on ne cessera jamais de le dire : le peuple n'est pas avide de potins, mais avale ce que les médias lui propose, ce qui est aussi l'un des points abordé par le film.

En effet, dès qu'il est question de présidence, il est question de média et de presse. A croire qu'un président ne se juge que par son image et sa célébrité. On est bien loin ici du président héros à la manière de Harrison Ford dans Air Force One (Wolfgang Petersen, 1997) ou du président salopard incarné par Gene Hackman dans Les Pleins Pouvoirs (Clint Eastwood, 1997), encore moins d'un président rassurant de Morgan Freeman dans Deep Impact (Mimi Leder, 1998). Il s'agit tout au contraire d'un président qui n'a rien de charismatique, un président qui n'assume pas sa fonction. Il refuse d'affronter son rival et ses discours absurdes, se moque des sondages en chute et ne fait pas vraiment campagne durant le film. Au contraire, Michael Douglas incarne plutôt un président ne veut pas l'être. Sur ce charisme, il est d'ailleurs fait à juste titre d'une référence à Capra et à L'homme de la rue (1947) que l'on peut mettre en parallèle avec ce film sur le pouvoir charismatique d'une personne.

En effet, il revient sans cesse sur la manière dont les gens le perçoivent, que ce soit son chef de cabinet et ami intime qui refuse de l'appeler par son prénom ou de le tutoyer, ou encore Sidney qui a bien du mal à croire que le président s'intéresse à elle pour d'autres raisons que politiques. Andrew Sheperd est un homme terriblement seul, et c'est d'ailleurs le propos principal du film, la solitude d'un président, aussi entouré soit-il par son équipe. Cela est montré à plusieurs niveaux, que ce soit dans sa vie privée mais aussi ses fonctions : donner un ordre d'attaque n'est pas un acte présidentiel dont il veut être fier, au contraire. De même que ses choix de campagne pour obtenir les voix nécessaires à sa réélection.

Mais au-delà de ces réflexions, il ne faut pas oublier tout l'aspect humoristique du film. Les situations dans lesquelles se met Sidney nous font sourire par leur simplicité et leur compréhension. En effet, la jeune femme ne cesse d'être confuse de sa maladresse face à un homme qui peut être irrité du moindre irrespect. Pourtant, force est de constater que ce n'est qu'un homme comme les autres, mais cela nous montre bien l'intérêt que la population attache à son président. On pourrait toutefois s'interroger sur la psychologie de Sidney, passant d'une timidité maladroite à un désir fougueux en quelques instants alors qu'elle était venue annoncer qu'elle ne voulait pas continuer cette relation tandis qu'Andrew lui exposait la situation comme un plan d'attaque. Cette scène qui n'a rien de romantique dans la chambre présidentielle tourne un peu en catastrophe et l'on essaie de se sortir d'une impasse sans vraiment réussir, d'autant que c'est une étape importante dans le film et la relation entre le président et miss Wade.

Mais une fois débarrassé, le film reprend son sérieux pour fournir les enjeux d'une politique en lien avec la relation du président. Ce dernier devra choisir de continuer sur le projet de la femme qu'il aime ou bien de défendre un projet à l'opposé. La sécurité face à l'environnement, débat de tout temps houleux entre les partis. Pourtant ce débat nous ammène à considérer le film avec plus de sérieux et de crédibilité dans les fonctions présidentielles.

Ce qui est drôle en revanche, c'est qu'il est souvent question de sondage et de l'opinion public. Le président représentant bien plus qu'une simple autorité, il est le représentant de toute un peuple qui peut atteindre plusieurs millions de citoyens, notamment aux Etats-Unis, pays d'autant plus important qu'il est, quoi qu'on en dise, un des pays les plus forts du monde. Et donc, ce qui est drôle, c'est qu'on ne voit à aucun moment la population. Aussi drôle qu'étonnant d'ailleurs puisque le président est censé représenter cette population et aussi qu'il a bien du mal à sortir de ses fonctions pour agir en simple citoyen. La seule personne qu'il rencontre est une fleuriste qui tombe dans les pommes, ce qui renvoie aussi à la célébrité divine de cet homme pour cette population américaine. Mais cette absence de population autour de lui ne fait qu'accroître sa solitude.

Mais finalement, notre cher président trouvera les mots justes de la riposte à son rival. Un discours qui semble bien improvisé, comme c'est souvent le cas dans ce genre de film, dès que le président s'exprime face aux journalistes. Discours que je trouve d'ailleurs assez juste, il ne renie pas les défauts d'une campagne présidentielle mais invite chacun à reconsidérer son combat et s'il rentre dans les valeurs de ceux promulgués par les médias. Mais on constate aussi que le président américain au cinéma ne se détache pas d'une aura bienveillante à chacune de ses intervention.

Et n'oublions pas quelques grandes figures autour de Michael Douglas, qui incarne bien son rôle de président, Martin Sheen en chef de cabinet intelligent et expérimenté, ainsi que Michael J. Fox en conseiller survolté, un rôle qui lui va bien. Sans oublier la prestation très juste d'Annette Bening qui parvient à nous faire partager l'évolution d'un personnage à la fois dramatique et drôle.

Ainsi Le Président et Miss Wade apparaît comme un film sur un président et ses fonctions, le tout distillé avec un humour assez fin qui fait de ce film émouvant un très bon film.
 
Le Président et Miss Wade - ma note pour ce film :
Réalisé par Rob Reiner
Avec Michael Douglas, Annette Bening, Martin Sheen, ...
Année de production : 1995
Mario Kart, bande-annonce accrocheuse...

Mario Kart

Dr. CoolSex
(2009)

Voici une vidéo découverte grâce à l'un de ces excellents sites découvert l'année dernière au Festival du Jeu Vidéo de Paris, j'ai nommé Digital Games TV. Dernièrement, le site qui s'occupe de faire l'actualité numérique (jeu vidéo, tv, digital, Internet, etc) a mis en avant ce petit court-métrage qui en amusera plus d'un.

L'ex-champion de course de kart Mario a pris sa retraite pour devenir plombier. Mais le temps semble bien long, loin des pistes et des compétitions, et notre héros solitaire ne peut s'empêcher d'être nostalgique alors que Luigi est désormais "Number One !". Mais suite à un tragique accident provoqué par Wario, leur ennemi de toujours, Mario décide de reprendre la compétition pour venger son frère. Soutenu par la belle Peach, Toad et Yoshi, Mario va ressortir son kart pour une course ultime.



Qui aurait imaginé un jour qu'un film puisse se faire sur Mario Kart. D'autant que la précédente adaptation de Mario sur grand écran, Super Mario Bros (Rocky Morton, Annabel Jankel, 1992) a été un flop total malgré un bon casting. Aussi, revoir les aventures du petit plombier italien n'enchantait guère, surtout qu'ici, il ne s'agit plus d'un de ces jeux de plateforme, où l'histoire de sauver la princesse peut donner lieu à un conte de fée, mais d'un jeu de course délirant qui a marqué de nombreux joueurs depuis plus de 15 ans.

Aussi, le pari était osé, mais l'équipe de Dr. CoolSex a très bien su s'en sortir. Joyeuse troupe de comiques new yorkais, Dr. CoolSex s'est lancé dans la conception d'une bande-annonce avec une histoire toute aussi délirante que le jeu lui-même. Ne cherchant pas à faire un canular mais une véritable parodie, ils s'y sont pris au sérieux en abusant d'accessoires visibles qui donne tout de suite lieu à une interprétation au second degré. Mario et ses fausses moustaches, Wario et son énorme nez, ou encore la présence de Yoshi et Toad avec son champignon sur la tête, ainsi que Donkey Kong et Bowser. Des figures célèbres du jeu qui sont ici bien vivants.

L'équipe s'est aussi pris au sérieux avec un scénario captivant et une mise en scène digne des grands studios hollywoodiens. En effet, Mario apparaît comme ce héros qui n'a pas tout donné, à l'image d'un Rocky Balboa qui aurait besoin d'évacuer "des trucs de sa cave", et qui prendra prétexte de la mort de son frère, agonisant comme il se doit sous ses propres yeux, pour reprendre la partie. La princesse Peach est mise à l'honneur façon James Bond Girl dans son bikini aux formes généreuses, alors que sa perruque et son air "de blonde" auraient tendance à en faire une fille superficielle. Quand à Wario l'ennemi juré, il est un pur chef d'oeuvre d'expressionnisme avec son air grincheux et son nez difforme. Quelques séquences amusantes ont été placées dans ce montage linéaire comme la reprise difficile de l'entraînement, le rappel des anciens, qui ne semblent tout d'abord pas motivés, et quelques révélations amusantes qui nous font tout simplement mourrir de rire.

Et puis tous ces détails qui donnent au film sa crédibilité dans l'adaptation du jeu, ces carapaces de tortue, les boîtes volantes sur la piste de kart, les têtes-à-queue durant la course, les peaux de banane qu'il faut apprendre à éviter, les apparats de la princesse, les costumes, les personnages les plus connus, etc etc tout ce qu'il faut pour nous plonger avec succès dans cette parodie amusante et délicieuse.

Au final, cette fausse bande-annonce de Mario Kart est une vraie parodie qui montre bien qu'il est possible, d'une manière ou d'une autre, de réaliser une bonne adaptation d'un jeu vidéo, doit-elle se moquer des grands clichés du genre.

 
Commando, plus fort que Rambo...
20th Century Fox
Commando

Mark L. Lester
(1986)

Certainement l'un de mes films cultes lorsque je n'étais qu'un enfant, passionné de ce genre gonflé à la testostérone et surtout celle de Schwarzy, Commando reste encore aujourd'hui un film que j'ai plaisir à voir malgré un bon vieillissement.

Alors qu'il a pris sa retraite pour vivre avec fille, Matrix, un ancien béret vert, est surpris par un ancien dictateur qui souhaite revenir au pouvoir dans son pays. Il n'a d'autre choix que de coopérer s'il veut revoir sa fille vivante. Mais Matrix ne se laisse pas faire et décide de retrouver ce baron de la mafia qui s'est entouré d'anciens soldats d'élite dont certains ont servis avec Matrix. Désormais, il est seul et n'hésitera pas à combattre toute une armée pour retrouver sa fille.

On a kidnappé la petite fille du gros monstre vert alors il décide de flinguer tout le monde et de tout faire sauter. Ce que j'aime ce genre de films bien musclé, surtout quand c'est mené par un acteur connu qui a non seulement une présence plus qu'imposante à l'écran mais aussi un certain talent. Pas que Schwarzy égale Cary Grant, mais il a une certaine prestance dans ce type de rôle, sa carrure aidant, et donnant à son personnage une certaine crédibilité que d'autres ne réussissent pas toujours à avoir.

C'était le début des heures de gloire de cet ancien monsieur Univers, sa carrure est d'ailleurs valorisé à l'écran. Joel Silver avait bien compris que Schwarzy est un tas de muscle et qu'il faut que ce soit reluisant pour plaire. Aussi, sa première apparition montre que non seulement c'est gros et ça brille, mais que ce n'est pas que du faux, le géant portant tout naturellement sur son épaule un tronc d'arbre comme certains porterait une canne à pêche. Mais le géant n'est pas un monstre comme le montre toutes ces séquences où il joue et rit avec sa fille, interprétée par la jeune Alyssa Milano qui arbore déjà un fort caractère. La petite, malgré quelques frayeurs, est bien la fille de ce père musclé et rusé. Et c'est pour elle que le géant décide de tout entreprendre et de remonter la piste de ses ravisseurs sans se soucier de la mission dont ils l'ont chargé.

Un film d'action de ce genre doit montrer une certaine violence, et il faudra un jour que je compte le nombre d'hommes tués dans ce film car il semblerait que l'on bat un sacré record. En effet, à lui tout seul, Schwarzy dégomme à tout va flics, hommes de main et soldats jusqu'à deux face à face tant attendus dont celui qui l'oppose à son rival, un autre béret vert tout aussi enragé que lui. Course poursuite, fusillades, combats à mains nues, pour finir dans un combat au couteau de combat, remplaçant les traditionnelles épées du duel, pour finir en apothéose avec les poings, la tête et la rapidité. Et bien entendu à travers tout cela, quelques scènes cultes comme le shopping au magasin d'armes, apparaissant davantage comme un magasin de jouet, ou encore la préparation au terrain avec gilet pare-balles, grenades, munitions, peintures de guerre et j'en passe, pour arriver à une sorte de terminator humain suréquipé.

Le scénario s'enchaîne plutôt bien, passant d'un ennemi à l'autre sans véritable coup de facilité. Les scénaristes ont opté pour une histoire type ultimatum, avec un décompte qui sera, ou non, respect, renforçant ainsi le suspens du début à la fin. Mais on reconnaîtra que certains dialogues abrutissent énormément l'action et ses personnages. Ainsi des "c'est pas entre les yeux que je vais te viser, c'est entre les couilles!" ou encore "Des bérets verts comme toi j'en prends deux au petit déjeuner, et j'ai très faim" font davantage rire, d'autant que le film insiste pour les prendre au second degré avec des réponses du type "mais c'est pas possible d'être aussi macho" et ainsi de désamorcer la situation qui pend au nez de Matrix de voir sa fille mourrir entre les mains de soldats qui s'impatientent, comme cette réplique qui m'a toujours beaucoup marqué tellement l'image qu'elle renvoie est forte : "Une lame dans la gorge d'une enfant, ça s'enfonce comme dans du beurre".

Ainsi, Commando nous offre un de ces héros culte de film d'action unique à l'image d'un Cobra ou d'un McLane, sans toutefois laisser une grande émotion. D'ailleurs, lorsque le général lui demande une nouvelle aventure, Matrix ne répont-il pas "Aucune chance"? Tant mieux pour certains, dommage pour moi...
 
Commando - ma note pour ce film :
Réalisé par Mark L. Lester
Avec Arnold Schwarzenegger, Rae Dawn Chong, Dan Hedaya, ...
Année de production : 1985
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