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A la une Bienvenue
Bonjour et bienvenue sur mon blog Allociné.
Ici je vous fais part de mes commentaires et critiques sur les films que je peux voir, sur grand ou petit écran, en version ciné, longue ou director's cut, mais aussi des makings of, quelques séries, des personnalités, des jeux vidéos, des livres et quelques réflexions personnelles complétées par mes études ciné. Le blog évoluera par la suite.

En vous souhaitant bon surf...
Nico_SK


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(mise à jour 23/08/2009)
Les sommaires sont de nouveaux disponibles.

 
Alien Resurrection, une fin de saga qui déménage !

Alien Resurrection

Jean-Pierre Jeunet
(1997)

Il me semble que c'est le 2e film de la saga que j'ai du voir, après celui de James Cameron. Déjà à l'époque je le trouvais culte, mais aujourd'hui encore, je le considère comme l'un des meilleurs de la série, et c'est toujours avec une grande joie que je me plonge devant ce dernier opus qui vient clore avec brio la saga Alien.

200 après sa mort, Ripley revient à la vie, clonée par une équipe de scientifiques militaires dans l'idée de récupérer une créature alien et de lancer une nouvelle colonie aux fins d'études. Mais lorsque ces dernières s'échappent, Ripley et une équipe de mercenaires tentent de fuir le vaisseau qui les ramène vers la Terre.

La Fox a eu deux brillantes idées. Tout d'abord, ne pas s'arrêter sur l'échec d'Alien 3 (David Fincher, 1992) et ensuite de confier la réalisation à un cinéaste dont l'univers esthétique est unique, le français Jean-Pierre Jeunet. Et ce dernier nous livre un film emprunt de sa patte d'artiste d'autant qu'il n'en est pas à son premier coup d'essai. On retrouve un esthétique très SF qui renvoie aux deux premiers films, mais également une ambiance proche de Delicatessen (1991) et La Cité des Enfants Perdus (1995), deux films marqués, il ne faut pas l'oublier, par l'univers de Marc Caro, qui de son côté, tentera vainement de s'illustrer avec un autre film de SF : Dante 01 (2008).

On retrouve également une belle brochette d'acteurs. Outre Sigourney Weaver qui rempile pour la 4e fois, Ron Perlman et le petit français Dominique Pinon, ainsi que Wynona Rider, chacun incarnant un personnage plus ou moins marqué d'une certaine folie. Et c'est là tout le génie de ce film, c'est de nous offrir (enfin!) des personnages possédant un certain aura, une certaine personnalité moins stéréotypée que dans les précédents films. C'est Joss Whedon, le papa de Buffy, qui s'est attelé au scénario, lequel a su être parfaitement bien adapté. C'est d'ailleurs le plus humoristique de la série, doté de quelques répliques assez amusantes en fonction de la situation des personnages, le tout sans parvenir à tomber dans le dérisoire.

La folie de ce film était de remettre en scène Ripley après sa mort. C'est chose facile avec le clonage, grâce à une goutte de sang récupérée au pénitencier. Jeunet a su user de son art pour parvenir à nous y faire croire. Il ne faut pas oublier non plus qu'il a mis le paquet côté effets spéciaux avec bon nombre de spécimens peu ragoutants issus de la folie profonde des scientifiques qui ont plus l'image que de savants fous dans un futur à la limite du gothique que des grosses tête de laboratoire.

Enfin cet ultime épisode donne une nouvelle fois matière à réflexion sur la rapport à la mère. Mais tout d'abord, un gros clin d'oeil au premier opus, puisque l'ordinateur de bord est cette fois-ci appelé "Père". Serait-on passé d'une société matriarcale à une société patriarcale ? Mais surtout qui est la mère cette fois-ci ? La reine alien ou Ripley? Elles sont toutes les deux un lien très fort qui les unis, et lorsque Ripley tombe dans ses bras, on sent le manque qu'il y a eu lors de leur séparation. Pourtant, la reine alien n'est plus une pondeuse, elle est devenue humaine, seulement son enfant ne la reconnaît pas et lui préfère Ripley. Serait-ce enfin son enfant tant désirée? Ripley devient mère d'un enfant qu'elle ressent, d'un enfant qu'elle a attendu même si elle ne l'a pas mis au monde. Mais celui-ci est destructeur et Ripley doit une fois de plus l'abandonner pour sauver son peuple. Jeunet ne fait pas dans la dentelle en mettant en scène cette mise à mort à la fois cruelle et touchante tant elle marque le refus d'une mère a accepter un enfant qui est en partie le sien.

Au final, Alien Resurrection vient parfaitement bien terminer cette saga avec un épisode de très bonne qualité. Mais les fans assoiffés tel que moi attendent encore une suite... Mais qui sera assez fou pour mettre celle-ci en scène ? En tout cas, ce ne sont pas les spin-off entre Alien et Predator qui vont nous combler.
 
Alien, la résurrection - ma note pour ce film :
Réalisé par Jean-Pierre Jeunet
Avec Sigourney Weaver, Winona Ryder, Dan Hedaya, ...
Année de production : 1997
Alien 3, quand la réalisation fait plus peur que le monstre...

Alien 3

David Fincher
(1992)

Suite, et il y a quelques années je disais fin, de la saga Alien, cette fois-ci reprise par David Fincher pour un épisode pour le moins, assez désolant. C'est sans doute celui que j'ai vu le moins souvent et pour cause, à chaque fois je soupire tellement je suis lassé.

Ripley et ses compagnons dérivent dans l'espace à bord du vaisseau de secours, mais il semblerait qu'ils ne soient pas seuls puisqu'un cocon vient d'éclore à l'intérieur de la navette. Un incident forcera le vaisseau à s'échouer sur une planète désertée et Ripley, seule survivante, sera recueillie par les membres d'un pénitencier abandonné où ne résident que des hommes. Mais lorsque ceux-ci disparaissent mystérieusement, Ripley se rendra à l'évidence : un Alien l'a poursuivi et compte bine fonder une nouvelle colonie.

En ce qui me concerne, c'est sans doute l'épisode le plus pitoyable de la saga. Ne mettons pas cela sur l'inexpérience de David Fincher qui, visiblement semble presque avoir renier son premier long métrage, et pour cause, le scénario est mince, le décor incompréhensible, les personnages sans réel intérêt quand à l'alien, il a plus de point commun avec Sonic qu'avec un chien.

On a l'impression qu'ils ont cherché à faire un mix des deux épisodes précédents, reprenant le côté thriller horrifique du premier opus et les personnages "gros bras" du second qui, à l'inverse de protéger, sont des tueurs et des violeurs. Ils sont incroyablement peu pour une ancienne raffinerie qui ne sert plus sur une planète plutôt grande sur laquelle ils sont seuls et préfèrent s'inventer des histoires de foi plutôt que de tenter de reprendre une vie saine. Sans oublier que nous avons à peine le temps de les connaître avant qu'ils ne se fassent zigouiller par une reine qui sort de l'estomac d'un chien dont elle a gardé les apparences.

Peu de connaissances des personnages, même des plus importants. D'ailleurs, c'est à peine si le docteur finit son histoire qu'il se fait dévorer, alors que Ripley, après s'être jeter dans ses bras à peine arrivée vient de l'absoudre de ses crimes. De plus, les autres prisonniers sont bien trop calmes, malgré une seule tentative de viol raté, leur pseudo foi sans apparence leur dicte leur comportement alors que leur violence gronde en eux. C'est à peine si on y croit.

Fincher semble également abandonner toute réflexion autour de la mère, faisant de Ripley une femme qui s'intègre désormais parfaitement dans un milieu d'hommes. On dirait presque que ses sentiments et sa douceur disparaissent en même temps que ses cheveux et l'on aurait peine à croire qu'elle en ait si ce n'est son désir envers le premier inconnu dans un pénitencier. Coup de chapeau tout de même à Sigourney Weaver qui apparaît crâne rasée. Un acte qu'il n'est pas toujours facile à oser même si depuis, d'autres grandes actrices ont suivi son exemple.

Enfin l'esthétique de Fincher donne un film aux tons cuivrés pour un univers sombre et sales, mais inexistant. Il tente également une touche d'originalité en intégrant des plans à la première personne de l'alien, mais une caméra qui coure au plafond n'est pas toujours facile à faire avaler. Quand aux effets spéciaux, on se demande comment ils ont pu être nominés aux oscars. Coup de chapeau tout de même pour le final grandiose du film où Ripley met fin à son calvaire entraînant avec elle le monstre qu'elle porte, et mettant ainsi fin à cette saga de manière spectaculaire mais qui manque tout de même d'une certaine sensibilité pour que cela soit une apothéose pour le spectateur.

Au final, on attendait bien mieux de cet ultime épisode censé clore la saga. Et finalement, ce n'est pas plus mal d'avoir tenté le tout pour le tout avec une dernière suite après cette catastrophe.
 
Alien 3 - ma note pour ce film :
Réalisé par David Fincher
Avec Sigourney Weaver, Lance Henriksen, Charles Dance, ...
Année de production : 1992
Aliens, quand Cameron prend les choses en main...
20th Century Fox
Aliens

James Cameron
(1986)

Après le huitième passager, voici le retour de Ripley, de L.426 et de ces maudits Aliens dans une suite bien souvent préférée au premier opus. Comme beaucoup, je ne dérogerais pas à la règle en appuyant que cette suite est un monument de la saga.

Après son affrontement avec un alien et sa fuite du Nostromo, Ripley a enfin été récupérée mais 57 ans plus tard ! De retour sur Terre, elle doit s'expliquer sur les raisons qui l'ont poussé à détruire un vaisseau de 40 millions de dollars. La planète L.426 sur laquelle a été découvert la créature abrite désormais un groupe de colons en charge de rendre la planète viable. Mais depuis peu, aucune nouvelle de leur part, si bien que Ripley est appelée en renfort avec une équipe de Marines pour comprendre ce silence. Sur place, ils découvriront une forte concentration d'aliens que rien ne peut arrêter.

Il semblerait que la saga Alien soit le terrain des oeuvres expérimentales à destination de réalisateurs cherchant la preuve d'un succès assuré. Alors qu'il s'agissait pour Ridley Scott d'une 2e réalisation, ce n'est pas plus que le 3e long métrage pour James Cameron, mais quand on voit le résultat, on pourrait penser qu'il s'agit de bien plus ! En effet, Terminator (1985), alors réalisé à petit budget, avait permis à Cameron de se faire remarquer. Et contre toute attente, il se lance dans la suite d'une saga qui aurait pu lui coûter sa carrière. Mais c'est sans compter sur son génie visuel et un scénario bien ficelé.

En effet, cette suite s'annonce beaucoup plus musclée que son prédécesseur. Musclé dans tous les sens du terme, puisqu'ici l'équipage molasson du Nostromo est remplacé une bande de Marines surentraînés et prêts à en découdre malgré les recommandations de Ripley. Ces premières confrontations donnent déjà lieu à un suspense croissant quand à l'affrontement Marines/Aliens. Là aussi, on ne peut s'empêcher de penser aujourd'hui aux nombreux films qu'à inspiré Aliens. Musclé également dans son rythme, Cameron préférant les scènes d'action bien rythmées, entraînées par une musique accrocheuse, plutôt que de refaire un film usant des codes de l'horreur. Et pour finir, il sort les grands moyens en terme d'effets spéciaux, annonçant déjà son sens esthétique pour Terminator 2 (1991).

Il renforce d'ailleurs la saga de nombreux éléments, qui sont souvent récurrents dans ses films, tel que le monte-charge humanoïde, véritable combinaison qui agit selon les mouvements du corps. Technologie que l'on retrouvera plus tard dans Abyss (1989) et bien sûr Avatar (2009) pour accomplir des tâches et servir d'armure. Car en effet, de cette manière, Ripley peut affronter face à face la reine Alien dans un combat tout à fait loyal. Il prolonge également les couloirs et les conduits sur une base qui ne s'affiche plus comme un huis-clos, ainsi que des androïdes plus perfectionnés.

Alors que le précédent film était marqué par son silence, on pourrait dire que celui-ci est marqué par sa bande-son. En effet, Cameron ne semble pas aimer le silence, et même lorsqu'il n'est censé y avoir aucun son, nous percevons le ronronnement de la ventilation. Pourtant, il parvient très bien à en jouer directement avec ce petit appareil de détection de mouvements. Le signal sonore émis résonne dans les couloirs pareil aux pulsations des battements cardiaques qui s'accélèrent lorsque l'ennemi se rapproche. Cette technique marque également une montée en puissance du suspense et l'on ne regrette pas que le silence se soit tut. Puissance du son sur l'image, surtout lorsque celui-ci dépasse l'image, alors qu'ils sont enfermés dans une pièce, entendent le signal face à eux alors que rien n'y est.

Mais ce film plaît davantage que son prédécesseur car il gagne en maturité. En effet, dans Alien (Ridley Scott, 1979), l'équipage du Nostromo était dirigé par Mother, leur ordinateur de bord. Aussi, cet équipage n'était autre qu'une bande d'enfants protégés par leur mère. Puis Ripley est la seule à s'en affranchir en tuant cette mère devenue destructrice. Ici Ripley n'est plus une enfant, sa rencontre avec Newt, une petite fille rescapée, va la faire passer au rang de mère, et elle n'aura de cesse, tout au long du film, de la protéger en priorité par des réflexes naturels. Ripley devenue mère, c'est donc tout à fait naturel qu'elle s'attaque à la reine Alien, elle-même mère pondeuse. Alors que le premier face-à-face leur montre un intérêt commun, celui de protéger leur progéniture, leur deuxième affrontement y va pour la survie de leur peuple.Ripley gagnera le combat et son statut est confirmé par Newt se jetant dans ses bras et l'appelant "Maman".

Ainsi Aliens surpasse son prédécesseur et propulse la saga autant que son réalisateur au rang de monument culte du 7e art. Et tout deux nous promettent de belles suites comme nous avons pu le constater.
 
Aliens - ma note pour ce film :
Réalisé par James Cameron
Avec Sigourney Weaver, Michael Biehn, Paul Reiser, ...
Alien
UFD
Alien

Ridley Scott
(1979)

Saga culte du genre SF, cela faisait bien longtemps que je souhaitais remplacer mon vieux coffret VHS. Aussi profitant de Noël, je me suis dit que c'était l'occasion de saisir ce coffret complet en 9 DVD avant qu'il ne soit plus en vente. C'est chose faîte et me voici parti pour un double intégral de cette saga qui commence avec un épisode fort impressionnant, celui de Ridley Scott, qui début formidablement la série.

Le petit équipage du Nostromo se réveille en plein milieu de son voyage de retour vers la Terre suite à la détection d'un organisme vivant inconnu par l'ordinateur de bord. Devant se résoudre à cette mission de reconnaissance, ils vont devoir se poser une planète sur laquelle ils découvriront une étrange créature qui infectera l'un des membres d'équipage ! De retour à bord du vaisseau-mère, ils devront faire face à une créature plus terrible encore après que celle-ci se soit expulsée du corps de son hôte. Ripley et le reste de l'équipage vont devoir l'affronter avant de continuer le voyage, mais ils ne se doutent pas que cette créature est un monstre parfait...

Ce film est étonnant, car il ne donne pas l'impression  que l'on se trouve face à de la SF pure. En effet, il tiendrait davantage du film d'horreur spatial qui nous rappelle aujourd'hui bon nombre de thrillers et de films d'horreur de série B. On retrouve un équipage type sans véritable charisme. D'ailleurs le personnage culte de Ripley est d'abord inexistant et ne prendra les choses en main que parce qu'elle est forcée par le réglement, devenant la nouvelle supérieur hiérarchique. A ses côtés, on retrouve le simplet plutôt mou associé au costaud de la bande, le chef de bord qui manque réellement de charisme, un androïde méticuleux et deux autres membres qui font clairement acte de présence plutôt qu'autre chose.

Le scénario et sa conception ont bien inspiré plus d'un cinéaste puisqu'aujourd'hui on pourrait presque en dire que c'est d'un classique tellement c'est vu et revu. L'équipage qui recueille une créature qui va les éliminer les uns après les autres sans leur laisser la moindre chance, là aussi, c'est clairement du film d'horreur on ne peut plus classique. Mais tout d'abord, ça se déroule dans l'espace et surtout, il y a les moyens derrière, tant économiques qu'artistiques puisque les décors et les lumières donnent une véritable impression réel et non de studio. De même que l'ambiance de tournage, propice aux improvisations quand à un scénario sans véritables dialogues, qui donne au film à la fois une touche de blockbuster et de film d'auteur.

Autre détail important qui joue énormément de l'immersion du spectateur dans ce film et sans aucun doute ce qui lui donne autant de force et le fait sortir du lot, c'est son ambiance sonore. En effet, le film est plutôt très silencieux. Un silence qu'on ne doit trouver que dans l'espace. Et même si quelques musiques apparaissent ici et là en accompagnement, Ridley Scott a fait le pari qu'il ne fallait pas en abuser pour les scènes de recherche, ce qui renforce davantage le suspense au point de faire trembler le spectateur au moindre bruit. Bruit qu'il cherche pour le coup, puisque rien d'autre ne vient le perturber. Cette ambiance sonore participe royalement au huis-clos qu'est le Nostromo, vaisseau-mère gigantesque dont on ne visite pourtant qu'une infime partie.

D'ailleurs, on pourrait s'interroger sur le rapport de ce vaisseau et de ses capacités avec son rapport à l'équipage. En effet, ce dernière s'adresse à l'ordinateur de bord par le terme "Mother", (mère). Ce vaisseau est l'entité qui les nourrit, qui les endort, et qui leur permet de respirer. N'allons pas plus loin, le terme de "vaisseau-mère" est suffisamment employé dans le genre pour que l'on comprenne cette signification. Mais Ridley Scott détourne sa signification. Alors qu'ils embarquent à leur bord un alien (qui se traduit par étranger), le vaisseau va devenir moins sûr. Sa grandeur en fait son défaut qui sert à la créature plutôt qu'à l'équipage. Sa manière de s'exprimer est aussi d'une froideur renversante, alors qu'elle ne répond jamais lorsque l'on lui parle, elle s'exprime silencieusement et de manière directe lorsque l'on communique avec elle par écrit. Enfin, lorsque Ripley échoue à stopper l'autodestruction, c'est comme si le vaisseau provoquait un enfanticide sans conscience. Il devient alors ce lieu non plus protecteur mais ce lieu à fuir le plus rapidement possible. On pourrait évoquer ici le thème de l'alien, de l'étranger qui vient corrompre un espace protecteur jusqu'à le détourner de sa fonction pour devenir un objet de mort.

On peut considérer ce rapport comme celui d'une mère et de ses enfants. Le alien est ce membre qui vient corrompre la sûreté du cocon familiale et chacun tente de le combattre pour retrouver la paix du foyer initial. Après la mort de Dallas, "fils aîné" de la mère, c'est Ripley qui reprend les commandes et qui va affronter directement la mère pour lui poser des questions quand à son rôle. Cette séquence montre que ce vaisseau-mère n'est définitivement plus protecteur de la famille et qu'il convient de quitter ce foyer au plus vite (la fuite) et de détruire cette mère devenue castratrice (l'autodestruction). Ripley sera la seule à y arriver. Seule dans le vaisseau de secours, elle se met en petite tenue comme pour marquer qu'elle est passée dans un âge adolescent avant un dernier affrontement qui lui permettra de grandir définitivement et de passer à l'âge adulte.

Mais Alien n'est pas sorti tout seul de son cocon et doit beaucoup à bon nombre de films avant lui. Star Wars (George Lucas, 1977) notamment qui offrit une autre vision du cinéma de science-fiction, ou encore 2001 : l'odyssée de l'espace (Stanley Kubrick, 1968) pour ses silences spatiaux, ou encore L'invasion des profanateurs (Philip Kaufman, 1978), lui-même étant le remake de L'invasion des profanateurs de sépultures (Don Siegel, 1956). Mais on peut également dire qu'il aura bien rendu sa part au lion en inspirant bon nombre de films à son tour : Leviathan (George Pan Cosmatos, 1989) et Un cri dans l'océan (Stephen Sommers, 1997) pour les plus connus.

Ainsi Ridley Scott nous offre pour son 2e film le début d'une saga captivante tout en assurant son statut de réalisateur talentueux qu'il développera davantage par la suite.
 
Alien - ma note pour ce film :
Réalisé par Ridley Scott
Avec Tom Skerritt, Sigourney Weaver, Veronica Cartwright, ...
Année de production : 1979
Avatar, aaaaah Avatar...
Twentieth Century Fox France
Avatar

James Cameron
(2009)

Ceux qui suivaient mon blog ont peut-être le souvenir que j'avais assisté aux 15 premières minutes d'Avatar projetées il y a quelques mois (http://nicosk-magic-cinema.blogs.allocine.fr/nicosk-magic-cinema-238240-avatar_en_15_minutes_exclusives.htm). Et bien après plusieurs mois d'attente, j'ai enfin pu découvrir ce film impressionnant.

Jake Sully, marine paraplégique, remplace son frère décédé pour le projet Avatar sur la planète Pandora. Il va alors retrouver l'usage de ses jambes en commandant à distance le corps d'un Na'vi afin d'intégrer leur communauté. Sa mission : les faire quitter l'Arbre-maison, lequel repose sur le plus important gisement de minerais de la planète. Adhérant peu à peu à leur communion avec la nature, Jake va devoir trahir les siens et faire face à la fureur de l'armée, commandée par le terrible colonel Quaritch.

On l'annonçait comme un film révolutionnaire et on ne peut pas totalement dire le contraire. La 3D est véritablement au top, et croyez-moi, de tous les films que j'ai pu voir en 3D, c'est de loin celui qui est le mieux conçu. Contrairement à des films comme Voyage au Centre de la Terre 3D (Eric Brévig, 2008) ou encore Meurtre à la Saint Valentin 3D (Patrick Lussier, 2009), ici pas question de faire dans l'effet de foire à grands coups d'objets censés surgir de l'écran, et qui pour ma part ne marchent absolument pas, Avatar n'use de la 3D que pour donner une impression d'immersion totale au spectateur sur la planète Pandora.

En effet, il semble falloir remettre en question la nature de la 3D, car contrairement à ce que l'on pense, celle des films de cinéma ne font pas sortir l'image de l'écran, la 3D creuse l'écran, comme si le spectateur n'était plus face à une surface plane mais bien face à une réalité diégétique qui se déroule en temps réel devant le spectateur. De plus, Cameron n'a pas amplifié la rapidité comme c'était aussi trop souvent le cas dans les autres films. Ici, même les séquences rythmées sont faciles à regarder car elle prennent le temps de se dérouler à un rythme normal pour l'oeil qui a déjà fort à faire avec la résolution des différentes profondeurs de champ.

Il fallait bien une telle technologie pour donner à l'univers visuel de la planète Pandora toute sa puissance. D'autant que Cameron s'en donne à coeur joie si bien que le dépaysement est total ! Une nature luxuriante et animée d'une vie. On retrouve toute la poésie des oeuvres asiatiques dans cette oeuvre, notamment Miyazaki. Il n'y a qu'à voir les îles volantes pour penser au Château dans le Ciel (2003). Mais Cameron ne s'est pas seulement inspiré du cinéma, mais aussi sans doute du jeu vidéo. D'ailleurs, je trouve qu'il y a une similitude entre la révolution 3D de ce film et celle que Myst a provoqué à sa sortie.

Le jeu vidéo parlons-en puisqu'il en est question. Et là je trouve Cameron totalement en avance sur son temps. Alors que notre futur post-2000 s'annonçait lié aux robots, Cameron nous annonce un futur beaucoup plus réaliste, celui de l'incarnation d'un corps à distance. Certes, celui-ci n'est pas virtuel, mais le procédé est bien là : Jake s'installe et se connecte à son double Na'vi, pareil à un joueur qui lance sa partie de jeu en réseau. Oui car tout comme les MMORPGs, la vie continue autour de l'avatar de Jake alors qu'il n'est pas connecté. L'avatar, c'est aussi l'incarnation d'un Dieu, Vishnu entre autre pour les hindouistes, Toruk Makto pour la tribu Na'vi.Autant dire que l'emploi de ce terme comme titre du film décrit bien les enjeux qui s'y déroulent.

Jérémy décrit dans son blog l'opposition entre SF et fantaisie dans cette oeuvre. De mon côté, je remarque que Cameron réemploie ses thèmes privilégiés, notamment le rapport homme/robot. A l'image d'Aliens (James Cameron, 1986), les soldats contrôlent des machines destinées à la fois à les aider dans leur travaux comme pour la guerre. Ces extensions du corps apparaissent comme une 2e peau, pareil à celle de Jake dans son avatar Na'vi. Mais on constate également que Cameron laisse de côté les profondeurs aquatiques pour les profondeurs pour les cieux de Pandora.

Côté mauvaise critique, on reproche à Avatar son histoire trop simple. Il s'agit d'une adaptation de la conquête de l'Ouest, les Na'vis étant à l'image des indiens, peuple communicant avec la nature, face aux soldats qui agissent en vrai cow-boys. Il est vrai que pour le coup, le scénario n'a rien de révolutionnaire mais est au contraire très classique. Celui de l'anti-héros qui s'intègre dans une nouvelle communauté, dont l'apprentissage lui révèlera sa vraie nature de héros. Pourtant, quoiqu'on en dise, ce scénario, aussi simple soit-il, est pourtant bien ficelé et d'une durée très raisonnable.

Enfin, je finirais par un rapport étonnant, celui d'Avatar à la fin de cette décennie, et celui de Matrix (Andy et Larry Wachowski, 1999) à la fin de la décennie précédente. Une fois de plus, notre regard est porté par la technologie vers une remise en question de notre vie apparente. Alors que Matrix nous offrait la possibilité d'imaginer que toute notre réalité est numérique, Avatar peut nous donner à repenser notre rapport à la nature, surtout en ces temps d'intérêts écologiques. Deux décennies qui se terminent par des films révolutionnaires, technologiques et philosophiques, ce qui peut nous faire attendre 2019 avec déjà beaucoup d'impatience...

Au final, Avatar tient ses promesses de nous donner à voir un film qui révolutionne le 7e art. Et vu le succès encore croissant du film, on peut se dire que la technologie 3D a de bons jours devant elle.
 
Avatar - ma note pour ce film :
Réalisé par James Cameron
Avec Sam Worthington, Zoe Saldana, Sigourney Weaver, ...
Année de production : 2009
Encore une longue absence...mais I'll be back !
Voilà plus de 3 mois que je n'ai plus écrit. Trois longs mois durant lesquels je me suis abreuvé de films sans toutefois avoir envie d'en parler. Une pause un peu longue et plus le temps passait, plus je me disais que reprendre ce blog serait une chose difficile. Car écrire, comme je me suis fixé de le faire, avec des articles longs, sur des analyses un peu développées, poussée, parfois inutiles pour certains, parfois utiles pour d'autres, ont fait que cela me prenait trop de temps. Je pensais que ma disparition ne se verrait pas, et pourtant....

Aujourd'hui, en me connectant, j'ai découvert 2 choses. Tout d'abord, ma position dans le classement des blogs les mieux notés à la 6e position. Ce qui me porte évidemment à penser que vous jugez ce blog comme une valeur plutôt sûre et efficace, et cette confiance me touche énormément au point que j'ai un peu honte d'avoir baissé les bras si vite.

L'autre fait, c'est d'avoir découvert sur le site de la Ville du Luxembourg, une référence à l'un de mes articles sur le film Le Petit Grille-Pain Courageux. (Je vous laisse découvrir l'original ICI). Certes c'est de loin ma meilleure critique, mais ça fait toujours plaisir.

Je n'attendrais pas de 3e fait pour me convaincre, si ce n'est ce cri qui hurle en moi de reprendre mes habitudes de bloggeur passionné de cinéma. Aussi, afin de fêter mon retour, je vous promets 5 films dans les prochains jours... 5 films dont l'un fait actuellement beaucoup parler de lui, quand aux autres, il s'agit d'une quadrilogie bien connu qui a vu passé des réalisateurs talentueux...

Je souhaite à nouveau vous remercier de votre confiance et vous invite à suivre de nouveau l'actualité de ce blog qui, je l'espère, continuera d'évoluer encore mieux. N'hésitez pas à me proposer de nouveaux points de vue sur un film dans les commentaires, je me ferais un plaisir d'y répondre. N'hésitez pas non plus à me proposer de nouveaux films à découvrir. Bref, merci et à très vite.
Nico_SK
 
Kickboxer, la vengeance est une bonne motivation...

Kickboxer

Mark DiSalle & David Worth
(1989)

Quand j'avais une dizaine d'années, c'était un film que j'adorais regarder. Ce genre de baston où le héros fini toujours par l'emporter, voilà ce que j'aimais. Et puis Vandamme à cette époque avait encore une image un peu sérieuse, et très années 90. Aujourd'hui en revanche, ça n'a plus le même goût.

Après que son frère, champion de kickboxing, soit devenu paraplégique suite à un combat virulent contre le dénommé Tong Po, Kurt va décider d'apprendre le muay thaï afin de le venger. Mais alors que les écoles rient de sa motivation, Kurt va demander l'aide d'un grand mâitre d'arts martiaux, Xian Chow, qui va lui faire subir un entraînement hors du commun. Mais le jour du combat, Eric, le frère de Kurt, est kidnappé et Kurt doit se plier aux volontés des organisateurs s'il veut le revoir vivant.

Que dire de ce film? Tout d'abord, le scénario est très classique : un homme cherche à venger la défaite de son frère face à un homme extrêmement fort et sans pitié. Mais pour cela, il doit apprendre à se battre. Aussi le film va-t-il suivre tout son entraînement, un peu original, jusqu'à le mener à la victoire, oui car il ne faut pas s'attendre à autre chose malgré les nombreux obstacles. J'adore les séquences d'entraînement, alliant avec beaucoup d'humour des exercices assez loufoques comme courrir avec un chien à ses trousses, taper dans un palmier ou encore recevoir des noix de coco dans l'estomac. Le tout entrecoupé d'exercices de respiration et de coups.

Mais on est bien loin quand même du sérieux d'un Karaté Kid (John G. Avildsen, 1984)  ou d'un Rocky (John G. Avildsen, 1976) et de la zen attitude d'un Pat Morita, même si Dennis Chan a une certaine dureté face à Van Damme. Van Damme qui lui est parfaitement dans son élément de playboy des années 90, nous faisant croire à un entraînement difficile à coup de danse et de grand écart forcé. Toutefois, on se prête au jeu, même si avec les années, on finit par se demander comment il peut arriver à un tel niveau en si peu de temps et d'exercices.

Mais même si l'on apprécie les combats, aussi vite terminés qu'ils ont commencé, on apprécie en revanche beaucoup moins l'artificialité des émotions des personnages. Tong Po est son regard dur est un cliché du monstre asiatique qui chercherait à faire plus peur que Godzilla, une jeune fille qui n'a pas grand chose d'attirante, un ex-militaire qui joue les cow-boys et un frangin prétentieux et sans réel charisme. A côté de ça, Van Damme en fait trop comme d'habitude avec son sourire de sex symbol et ses grimaces durant les combats.

Grimaces immortalisant la force et la rage de son personnage. Mais le combat final reste quand même une séquence très culottée. Alors que l'ordre lui est donné de se laissé défoncer, ce qu'il fait à merveille durant les premiers rounds, face à un adversaire qui a vraiment le dessus sur lui, tout change subitement, comme un coup de baguette magique, Kurt devient un monstre de puissance, capable non seulement de ne plus ressentir la douleur, mais en plus de défoncer à son tour Tong Po, qu'il n'était pas encore arrivé à toucher. Et là, heureusement qu'on a pas payé les billets parce que ce serait vraiment du vol.

Au final, Kickboxing, même s'il reste incontournable dans la filmographie de JCVD, représente un genre propre de la fin des années 80 et début des années 90 sans réel crédibilité, mais qu'on cherche à apprécier tout de même.
 
Kickboxer - ma note pour ce film :
Réalisé par Mark DiSalle, David Worth
Avec Jean-Claude Van Damme, Dennis Alexio, Dennis Chan, ...
Année de production : 1989
Minority Report et autres récits, Ah, être un Gélate...

Minority Report et autres récits

Philip K. Dick
(2002)

Aaah s'il n'y avait pas eu Jérémy et la passion qu'il voue à l'univers de cet auteur, je crois que je ne me serais jamais lancé dans son oeuvre. Il lui aura fallu faire un mémoire de plus de 200 pages pour parvenir à me faire plonger dans les histoires écrites dont sont adaptés de plus en plus de films des grands maîtres du cinéma de science-fiction. Donc je commence par remercier Jérémy pour cette découverte surprenante d'un auteur particulier, peu sensible aux joies du monde, mais extrêmement visionnaire en son temps.

Minority Report, arborant une couverture désormais bien reconnaissable des fans de science-fiction et de cinéma avec l'affiche du film de Steven Spielberg (2002), est en fait un recueil qui regroupe une dizaine de nouvelles de l'auteur. Cette édition Folio SF a sélectionné ces nouvelles en fonction de leur rapport avec le cinéma. En effet, pour la plupart, elles ont toutes été adaptées au cinéma. Je vous propose de découvrir chaque nouvelle.

Ah, être un Gélate
(1964)

Dick est surprenant parfois. Après une nouvelle basée sur un concept temporel, une autre sur un concept militaire, une troisième autour de la divinité et de la mort, voilà qu'il se laisse aller à une idée tout à fait nouvelle, celle de la relation entre 2 créatures mi-homme, mi-extraterrestre. Même si l'idée fait sourire à la découverte de l'histoire de ce couple, on y trouve une réflexion très intéressante à faire autour de la question de l'origine. Voilà certainement une nouvelle qu'il faudrait davantage faire découvrir à des jeunes en difficulté sur cette question, car elle donne un point de vue tout à fait intéressant.

George Munster est un homme malheureux. Ancien soldat durant la guerre opposant les Terriens aux Gélates, il avait accepté à cette époque de jouer les espions en infiltrant la planète ennemi après avoir pris forme Gélate, c'est-à-dire une sorte de flaque visqueuse et modulable. Mais voilà, la guerre finie, George n'a jamais pu retrouver totalement sa forme humaine, et il est condamné à reprendre sa forme Gélate durant la nuit, ou à se transformer lorsque ses émotions sont trop fortes.

Le docteur Jones, un psychologue de renom, a décidé de combler sa solitude en le présentant à une femme Gélate, ayant elle aussi servie d'espion durant la guerre, et n'ayant jamais totalement retrouvé sa forme. Heureux, les jeunes gens décident de se marier et vivent ensembles durant de longues années, étant les parents de trois enfants, la première étant totalement Gélate, les deux autres étant hybrides tout comme leur parent, tandis qu'un quatrième enfant est en route, et devrait être totalement humain.

Mais voilà, la vie des Munster a tourné au drame après la naissance de leur premier enfant Gélate, et Gorge ne supportait plus de se sentir inférieur à sa femme. Il a alors monté une société de ceinture amaigrissante, sur une idée de sa femme, et qui a fait de lui un grand patron d'enteprise. Alors que le divorce est sur le point d'être prononcé, les gouvernements terriens et gélates se disputent l'origine des enfants.

Mais au final, les Munster prennent une décision chacun de leur côté qui changera complètement le cours des événements. Ils ont fini par accepter l'un et l'autre leur famille d'accueil et sont parvenus  se faire stabiliser pour ce qu'ils avaient de plus chers : George et sa famille pour Vivianne, une opportunité commerciale pour George, l'un et l'autre ayant accepté de rester définitivement sous la forme qu'il a tant répugné durant de nombreuses années.

Je trouve cette histoire assez belle, même si les enjeux de chacun des personnages n'est pas toujours très acceptable. Mais il faut aussi y voir un message, celui de vivre avec ses ambitions et de tout mettre en oeuvre pour qu'elles réussissent. Les Munster, en étant différents à la fois des terriens et des gélates, sont considérés comme des émigrés rejetés par les deux patries dont ils sont issus. Quelles sont les origines de chacun? Vaut-il mieux qu'ils se créent une autre société rien qu'à eux? La question du racisme est mise en avant dans cette nouvelle "nous ne voulons pas que vos enfants jouent avec les autres", phrase assez hallucinante mais toujours très d'actualité malheureusement. Et pourtant, chacun fait son choix d'appartenir définitivement à la patrie qu'il a rejeté toute sa vie, car son ambition en dépendait, que ce soit par amour ou par désir de richesse.

Au final, cette histoire aux allures de La Métamorphose de Kafka (1912) est très simple, amusante et touchante de par sa réalité encore très réel de nos jours. La science-fiction du passé, empreint des moeurs de son temps, est ici très présent.
 
Minority Report et autres récits, ce que disent les morts...

Minority Report et autres récits

Philip K. Dick
(2002)

Aaah s'il n'y avait pas eu Jérémy et la passion qu'il voue à l'univers de cet auteur, je crois que je ne me serais jamais lancé dans son oeuvre. Il lui aura fallu faire un mémoire de plus de 200 pages pour parvenir à me faire plonger dans les histoires écrites dont sont adaptés de plus en plus de films des grands maîtres du cinéma de science-fiction. Donc je commence par remercier Jérémy pour cette découverte surprenante d'un auteur particulier, peu sensible aux joies du monde, mais extrêmement visionnaire en son temps.

Minority Report, arborant une couverture désormais bien reconnaissable des fans de science-fiction et de cinéma avec l'affiche du film de Steven Spielberg (2002), est en fait un recueil qui regroupe une dizaine de nouvelles de l'auteur. Cette édition Folio SF a sélectionné ces nouvelles en fonction de leur rapport avec le cinéma. En effet, pour la plupart, elles ont toutes été adaptées au cinéma. Je vous propose de découvrir chaque nouvelle.

Ce que disent les morts
(1964)

Certainement pas la meilleure nouvelle de Dick, et ce pour plusieurs raisons. L'histoire est très difficile à comprendre et les retournements de situation sont trop rapidement mise en place si bien que l'on ne comprend pas toujours tout. Mais c'est là l'un des caractères des oeuvres de Dick, perdre son lecteur par une écriture peu visuelle, car souvent interne à un personnage, et peu encline aux explications.

L'histoire commence lors de l'enterrement d'un des plus grands magnats de la finance, Louis Sarapis, le genre Balthazar Picsou, ayant oeuvré dans différentes entreprises, embauchant des employés sans expérience pour pouvoir mieux les exploiter. Mais la mort n'est pas vraiment une mort à cette époque, l'esprit continue de vivre autour du corps. Cet esprit peut être capté et les proches peuvent entrer en relation avec cet esprit comme s'il était encore vivant pour un temps donné.

Johnny Barefoot était un assistant de ce Louis Sarapis, et il a été chargé de le ramener à la vie après la veillée funéraire. Mais alors que les employés du funérarium se démènent pour capter les ondes de son esprit, Louis Sarapis ne revient pas à la vie. En revanche, une voix s'exprime du fin fond de l'univers et évoque certaines trahisons et certains souhaits.

Très vite, cette voix, identifiée comme étant divine, prend le dessus sur toute forme de communication. Brouillant les téléphones, la radio, la télévision, les journaux, etc... Mais seuls ses proches savent qu'il s'agit de l'esprit de Louis Sarapis qui a trouvé un moyen de revenir sous une forme beaucoup plus imposante. Et à quelques jours de l'investiture du candidat à la présidence, cette voix a déjà fait son choix pour un candidat qui n'a pas les compétences à ce poste.

Johnny Barefoot va alors se charger de la suite des événements de l'entreprise confiée à la nièce de Sarapis, une jeune toxicomane usant de mysticisme. Mais face à son entêtement pour un rôle qu'elle n'a pas la force d'assumer, il préférera se lancer dans la communication du candidat à l'investiture. De leur côté, Saint Cyr et Harvey, gérant une entreprise concurrente, tente de mettre fin aux actes post-mortem de Sarapis. La vérité est pourtant loin d'être mystique.

Vous n'avez rien compris? Ca tombe bien moi non plus. Je n'ai jamais lu une nouvelle aussi compliquée tellement il y a d'intrigues dont la plupart n'aboutissent pas. En effet, je ne vous ai résumé qu'une infime partie de la nouvelle, assez longue, puisque chaque personnage ayant des intérêts personnels en jeu, comme Saint Cyr qui veut en réalité tromper son propre patron pour permettre à l'ex-femme de celui-ci, avec laquelle il a une liaison, de récupérer le monopole des voyages interplanétaires pour sa propre société. Intrigue dont on ne saura jamais l'issue finale, d'autant que la nouvelle s'achève comme un cheveux sur la soupe, en ouvrant sur un face à face contraignant entre deux des personnages principaux.

Autre difficulté de cette nouvelle, c'est qu'elle n'explique pas réellement ce qu'est le retour à la vie. Et je suis bien content d'avoir lu le roman Ubik, toutjours de Philip K. Dick, mais qui est de 1969, comme s'il avait voulu revenir sur cette conception de cette idée de semi-vie dans laquelle on passe une fois mort. Il y a donc tout un rapport au pouvoir de la mort, de la réincarnation et de la puissance divine qui est abordé dans cette nouvelle mais sans jamais être mise en avant. C'est là son concept, qu'il conviendra ou non, de développer dans un film : la semi-vie conduit-elle à la force divine ou tout n'est-il que subterfuge?

Au final, on progresse tant bien que mal avec une rapidité déconcertante dans un univers absent qu'il faut se reconstruire. Il faudrait sans doute remettre la nouvelle dans son contexte historique, pour lui trouver un intérêt plus fort.
 
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