
AvatarJames Cameron
(2009)
Ceux qui suivaient mon blog ont peut-être le souvenir que j'avais assisté aux 15 premières minutes d'
Avatar projetées il y a quelques mois (
http://nicosk-magic-cinema.blogs.allocine.fr/nicosk-magic-cinema-238240-avatar_en_15_minutes_exclusives.htm). Et bien après plusieurs mois d'attente, j'ai enfin pu découvrir ce film impressionnant.
Jake Sully, marine paraplégique, remplace son frère décédé pour le projet Avatar sur la planète Pandora. Il va alors retrouver l'usage de ses jambes en commandant à distance le corps d'un Na'vi afin d'intégrer leur communauté. Sa mission : les faire quitter l'Arbre-maison, lequel repose sur le plus important gisement de minerais de la planète. Adhérant peu à peu à leur communion avec la nature, Jake va devoir trahir les siens et faire face à la fureur de l'armée, commandée par le terrible colonel Quaritch.
On l'annonçait comme un film révolutionnaire et on ne peut pas totalement dire le contraire. La 3D est véritablement au top, et croyez-moi, de tous les films que j'ai pu voir en 3D, c'est de loin celui qui est le mieux conçu. Contrairement à des films comme
Voyage au Centre de la Terre 3D (Eric Brévig, 2008) ou encore
Meurtre à la Saint Valentin 3D (Patrick Lussier, 2009), ici pas question de faire dans l'effet de foire à grands coups d'objets censés surgir de l'écran, et qui pour ma part ne marchent absolument pas,
Avatar n'use de la 3D que pour donner une impression d'immersion totale au spectateur sur la planète Pandora.
En effet, il semble falloir remettre en question la nature de la 3D, car contrairement à ce que l'on pense, celle des films de cinéma ne font pas sortir l'image de l'écran, la 3D creuse l'écran, comme si le spectateur n'était plus face à une surface plane mais bien face à une réalité diégétique qui se déroule en temps réel devant le spectateur. De plus, Cameron n'a pas amplifié la rapidité comme c'était aussi trop souvent le cas dans les autres films. Ici, même les séquences rythmées sont faciles à regarder car elle prennent le temps de se dérouler à un rythme normal pour l'oeil qui a déjà fort à faire avec la résolution des différentes profondeurs de champ.
Il fallait bien une telle technologie pour donner à l'univers visuel de la planète Pandora toute sa puissance. D'autant que Cameron s'en donne à coeur joie si bien que le dépaysement est total ! Une nature luxuriante et animée d'une vie. On retrouve toute la poésie des oeuvres asiatiques dans cette oeuvre, notamment Miyazaki. Il n'y a qu'à voir les îles volantes pour penser au
Château dans le Ciel (2003). Mais Cameron ne s'est pas seulement inspiré du cinéma, mais aussi sans doute du jeu vidéo. D'ailleurs, je trouve qu'il y a une similitude entre la révolution 3D de ce film et celle que
Myst a provoqué à sa sortie.
Le jeu vidéo parlons-en puisqu'il en est question. Et là je trouve Cameron totalement en avance sur son temps. Alors que notre futur post-2000 s'annonçait lié aux robots, Cameron nous annonce un futur beaucoup plus réaliste, celui de l'incarnation d'un corps à distance. Certes, celui-ci n'est pas virtuel, mais le procédé est bien là : Jake s'installe et se connecte à son double Na'vi, pareil à un joueur qui lance sa partie de jeu en réseau. Oui car tout comme les MMORPGs, la vie continue autour de l'avatar de Jake alors qu'il n'est pas connecté. L'avatar, c'est aussi l'incarnation d'un Dieu, Vishnu entre autre pour les hindouistes, Toruk Makto pour la tribu Na'vi.Autant dire que l'emploi de ce terme comme titre du film décrit bien les enjeux qui s'y déroulent.
Jérémy décrit dans
son blog l'opposition entre SF et fantaisie dans cette oeuvre. De mon côté, je remarque que Cameron réemploie ses thèmes privilégiés, notamment le rapport homme/robot. A l'image d'
Aliens (James Cameron, 1986), les soldats contrôlent des machines destinées à la fois à les aider dans leur travaux comme pour la guerre. Ces extensions du corps apparaissent comme une 2e peau, pareil à celle de Jake dans son avatar Na'vi. Mais on constate également que Cameron laisse de côté les profondeurs aquatiques pour les profondeurs pour les cieux de Pandora.
Côté mauvaise critique, on reproche à
Avatar son histoire trop simple. Il s'agit d'une adaptation de la conquête de l'Ouest, les Na'vis étant à l'image des indiens, peuple communicant avec la nature, face aux soldats qui agissent en vrai cow-boys. Il est vrai que pour le coup, le scénario n'a rien de révolutionnaire mais est au contraire très classique. Celui de l'anti-héros qui s'intègre dans une nouvelle communauté, dont l'apprentissage lui révèlera sa vraie nature de héros. Pourtant, quoiqu'on en dise, ce scénario, aussi simple soit-il, est pourtant bien ficelé et d'une durée très raisonnable.
Enfin, je finirais par un rapport étonnant, celui d'
Avatar à la fin de cette décennie, et celui de
Matrix (Andy et Larry Wachowski, 1999) à la fin de la décennie précédente. Une fois de plus, notre regard est porté par la technologie vers une remise en question de notre vie apparente. Alors que
Matrix nous offrait la possibilité d'imaginer que toute notre réalité est numérique,
Avatar peut nous donner à repenser notre rapport à la nature, surtout en ces temps d'intérêts écologiques. Deux décennies qui se terminent par des films révolutionnaires, technologiques et philosophiques, ce qui peut nous faire attendre 2019 avec déjà beaucoup d'impatience...
Au final,
Avatar tient ses promesses de nous donner à voir un film qui révolutionne le 7e art. Et vu le succès encore croissant du film, on peut se dire que la technologie 3D a de bons jours devant elle.